The breakthrough in renewable energy – (VPRO documentary – 2016)

The breakthrough in renewable energy - (VPRO documentary - 2016) 1

The breakthrough in renewable energy – (VPRO documentary – 2016)

Le monde avait passé un accord.
En décembre, les chefs d'État se sont accordés…
pour stopper le changement climatique.
Ils se sont félicités parce que de longues négociations…
ont enfin abouti à la décision d'éviter un réchauffement dramatique…
de la Terre. Une victoire politique ?
L'histoire nous dit pourquoi, après 20 ans de négociations infructueuses…
un accord sur le climat est enfin en place.
Il s'agit de nombres, de prédictions économiques et de théories scientifiques.
De la façon dont nos dirigeants ont été guidés par une seule chose.
Ceci est une histoire d'argent.
Dans le Golfe, produire de l'électricité grâce au soleil…
est moins cher qu'à partir du gaz.
L'industrie solaire chinoise emploie plus d'un million de personnes.
Ce qui va pousser les gens à passer d'une énergie riche en carbone…
à une énergie bas carbone, ce sera le prix.
Si c'est trop cher, des subventions seront nécessaires.
Si le prix baisse, que le marché libre décide de passer au solaire…
le barrage s'effondrera.
Vous regardez Backlight. Bienvenue dans un futur d'énergie nouvelle.
L'encre de l'accord sur le climat a à peine séché qu'en janvier…
le Sommet mondial des énergies de l'avenir a eu lieu.
À Abu Dhabi, chefs d'État, investisseurs et hommes d'affaires…
ont débattu sur l'énergie.
Son Altesse le cheikh Mohammed ben Zayed ben Sultan Al Nahyane,
Mesdames et Messieurs.
Mais ils n'ont pas parlé que de l'accord climatique.
Le thème était ce qu'il était advenu du prix de l'énergie durable.
Nous avons pris un bon départ.
Nous avons progressé sur bien des terrains.
La baisse des prix de l'énergie durable, et en particulier l'énergie solaire…
et l'arrivée de nouveaux modèles économiques…
rendent accessible l'énergie durable.
Étant donné les progrès en matière de technologie…
de politique et de finance…
ces solutions sont fiables, efficaces et compétitives sur le plan commercial.
Les technologies durables et propres progressent dans toutes les industries…
et dans les lieux les plus improbables.
L'an dernier, quand tous les yeux étaient rivés sur les négociations de Paris…
aux abords de Dubaï, aux Émirats arabes unis l'histoire s'écrivait.
Cette centrale solaire a changé le monde.
L'an dernier, un contrat pour son agrandissement a été signé.
Sa nouvelle partie produira de l'électricité…
à moindre coût qu'une centrale au gaz.
Les accords ont pris les experts du monde entier par surprise.
Michael Liebreich est l'un d'eux. Depuis 2004, il dirige…
Bloomberg New Energy Finance, un grand organisme de recherches…
pour investisseurs en énergie durable.
Le projet solaire DEWA fut un avertissement…
au Moyen-Orient comme dans le reste du monde…
car c'était un projet non subventionné, un prix non subventionné…
et le prix était de 5,84 dollars américains par kilowattheure.
Cela a ouvert les vannes de nombreux pays voulant la même chose.
Alors comme ça, l'énergie solaire serait moins chère que l'électricité produite…
à partir de gaz bon marché ?
Le PDG de la compagnie d'électricité DEWA…
fut surpris d'apprendre cette nouvelle.
Nous avons eu la chance de placer l'offre au bon moment.
Nous avions donc un bon prix, le taux d'intérêt était bas…
et je crois que nous avons le meilleur prix.
Les rapports des sociétés pétrolières sur l'avenir de l'énergie…
Shell, BP, Exxon, etc…
indiquaient à ce moment-là : le solaire coûte environ 15 centimes.
Et il y a maintenant un projet à Dubaï avec un prix de moins de six centimes.
C'était un avertissement.
Je ne m'y attendais pas, en fait.
J'étais ici quand j'ai entendu parler de l'appel d'offres.
J'ai vu le secrétaire général d'IRENA.
Il a dit : Saeed…
vous êtes une référence en matière d'énergie durable. J'ai dit : Quoi ?
Nous sommes très transparents, nous plaçons les prix sur notre site web.
Il a dit qu'il existait 300 articles sur ce projet.
Nous sommes donc ravis du résultat, de cette réussite.
Dans le Golfe, produire de l'électricité grâce au soleil…
est moins cher qu'à partir du gaz.
Ça change tout.
Le prix bas de l'électricité à partir de l'énergie solaire…
a rendu la compagnie électrique plus gourmande.
Après une extension de 200 MW, il devrait y en avoir une autre l'an prochain…
de 800 MW.
Et avec cet accord, les Émirats ont triplé leur objectif…
en matière d'énergie durable pour 2020.
Pour leur nouvel agrandissement, cette compagnie a annoncé…
qu'elle espérait descendre sous les 5 cents de dollar par kilowattheure.
Ça change tout…
si l'énergie solaire est la moins chère dans un pays ou une région.
Il n'y a pas qu'à Dubaï que l'énergie solaire est moins chère…
que l'électricité créée par combustibles fossiles.
Dans le monde, des projets se mettent en place…
pour créer de l'énergie durable à moindre coût…
que les centrales au charbon ou au gaz.
L'Australie, le Chili, l'État de Californie, l'Italie et la Jordanie…
ont tous atteint le point critique de production d'énergie durable.
Et ça ne s'arrête pas là.
En Inde, des projets de centrale au charbon au Punjab…
ont été annulés en dernière minute…
car il était moins cher de couvrir le terrain de panneaux solaires.
On prévoit que ces prochaines années, le Mexique, l'Allemagne, le Maroc…
la Chine et quelques États américains s'ajouteront à la liste de pays…
où l'énergie durable est moins chère.
La Deutsche Bank prédit que dans quelques années…
le solaire sera moins cher dans 80% du monde.
Mike Eckhart de Citibank, actif en matière d'énergie durable…
depuis 40 ans, n'est pas surpris.
Tout ceci est très prévisible pour qui s'y connaît en économie industrielle.
Tous mes collaborateurs avaient un mastère de gestion.
Ils savaient faire ces estimations.
Tout cela était très prévisible.
Tout a commencé dans les années 70, et je me suis de suite lancé.
La rentabilité de l'énergie durable est un facteur puissant.
En particulier l'électricité durable.
Ces trois à cinq dernières années, le prix des cellules solaires a très fort chuté.
Aujourd'hui, malgré les nombreuses incitations et subventions…
en faveur de l'énergie durable…
elle est devenue compétitive toute seule, même sans les subventions.
Elles ont le mérite d'exister, mais le phénomène a beaucoup de succès.
J'ai toujours su que les prix de ces technologies baisseraient.
Au début de ma carrière, j'ai appris à calculer les courbes d'expérience.
Elles fonctionnent ainsi :
Chaque fois qu'on double l'expérience cumulative dans une activité donnée…
les coûts diminuent d'un montant fixe.
Dans ma carrière, j'ai calculé ça pour nombre d'industries.
Pour les semi-conducteurs, la célèbre loi de Moore s'applique.
Elle suppose une baisse de 50% tous les 18 mois.
Mais c'est un cas spécial.
Dans une industrie où les volumes doublent si vite et si régulièrement…
quant au nombre de puces qui envahissent notre environnement…
cela évolue à un tel rythme que le doublement a lieu très vite.
Cela vaut aussi pour les cellules et les panneaux solaires…
et pour les inverseurs, les utilitaires qui les contrôlent…
et les éoliennes.
Elles contiennent beaucoup d'acier et de béton, et leur prix baisse peu.
Mais tous les composants éoliens…
tous les utilitaires, ces pales très spécifiques…
tout ceci devient meilleur marché en suivant cette courbe d'expérience.
Ce sera certainement inévitable.
Si l'on attend, on atteint le point critique.
L'énergie durable est soumise à l'économie industrielle.
Plus on produit, plus le prix baisse.
Et la concurrence, l'énergie fossile, dépend des ressources…
pas du processus industriel.
Et plus on exploite les ressources, plus leur prix augmente.
On obtient donc deux courbes qui se croisent.
Ce fut le cas ces cinq dernières années, surtout ces trois dernières années.
Cela me fait donc sourire depuis 20 ans.
Je savais que ce serait un succès.
Au vu des chiffres, on sait que c'est imparable.
J'ai vu venir cela, et c'est merveilleux d'y assister maintenant.
Les prix des éoliennes ont fortement baissé…
avec des turbines plus élevées, de plus longues pales…
et une meilleure transmission. Tout s'est amélioré.
Les coûts de l'électricité solaire, issue de l'énergie solaire…
ont chuté de 80% ces cinq dernières années.
Les coûts de l'électricité éolienne ont chuté de 50% ces cinq dernières années.
Dans les deux cas, l'électricité éolienne et solaire…
est enfin devenue compétitive.
Pour nous sauver du changement climatique…
le monde doit passer à l'énergie durable.
C'est faisable, mais seulement si l'énergie devient vraiment bon marché.
Un pays a compris l'urgence de la situation : la Chine.
Le cas de la Chine pose une question cruciale : la pollution de l'air en ville.
Cette situation est dramatique.
Elle touche des centaines de milliers de vies humaines.
Zhang Xiliang est professeur et directeur de l'Institut chinois…
pour l'Énergie, l'Environnement et l'Économie à Pékin.
Mais il est aussi victime de la pollution croissante.
Nous pouvons sortir.
Pas de souci. Aujourd'hui, on peut sortir.
J'ai l'impression que les niveaux de brume ont explosé ces dernières années.
Ces deux dernières années.
Depuis lors, je ne me sens pas bien quand je sors. Je manque d'air.
La brume limite aussi la visibilité.
Et c'est assez désagréable.
On manque d'air assez vite.
La plupart des pays tentent de favoriser l'énergie durable…
grâce à une série de subventions.
Mais pas la Chine. Déterminée à prendre des mesures importantes…
la Chine a conçu un plan astucieux :
produire de nombreux panneaux solaires et éoliennes.
Cette usine fut construite en 1998.
En 2003, nous avons produit nos premiers panneaux.
Notre production annuelle était de 3 MW. Elle est maintenant de 4 GW.
Nous produisons maintenant en un jour ce que nous produisions en quatre ans.
C'est une ligne de production complète pour panneaux solaires.
Nous sommes au cœur de l'assemblage des panneaux solaires.
Ici, on assemble les plaques de silicium pour former des panneaux solaires.
Et nous avons plus de 30 de ces lignes de production.
Le Parti communiste chinois a un plan vieux de 100 ans.
Selon ce plan, ils stimuleraient la croissance économique…
avec des centrales au charbon bon marché pour s'enrichir.
À l'aide de cette richesse, ils nettoieraient le tout…
avec de l'énergie propre.
Les Chinois semblent être cruels…
mais ils avaient un plan dont ils savaient qu'il endommageait l'environnement…
dans le but de le réparer par la suite.
Ils ont des objectifs. L'an dernier, ils avaient un but pour 2020 :
100 GM d'électricité solaire, et 200 GW d'électricité éolienne.
En 2020. Ils ont révélé ce plan en 2014.
L'an dernier, ils ont mis à jour ce plan, ce qu'ils font rarement…
et ils les ont augmentées chacune de 50 GW.
Les États-Unis ont une capacité de 8 GW.
Et la Chine augmente de 18 GW par an.
Bon Dieu, ce qu'ils font est prodigieux.
250 GW d'électricité éolienne en 2020.
Ils vont plus loin dans leur plan, car ils voient que c'est possible.
Durant les prochaines années, la Chine accélérera le passage…
à l'énergie durable encore davantage.
Mais que se passe-t-il ici ?
Pourquoi la Chine croit-elle pouvoir introduire cette énergie…
tellement plus tôt que les Occidentaux ?
Développer une nouvelle technologie…
de la recherche à la production à grande échelle…
est un long processus.
Il implique des coûts d'abord élevés, puis qui baissent de plus en plus.
Donc plus Yingli pourra produire, plus les coûts seront bas.
La situation en Chine… Je vais vous montrer la courbe de l'énergie éolienne.
Voici la situation en Chine.
Que montre ce graphique ?
Ici, nous avons le coût de la production d'électricité.
Dans une devise européenne : en eurocentimes par 1000 W.
Et cet axe montre la puissance.
Par exemple, à ce point-là, la puissance est de 200 GW.
Et ici, la puissance est de seulement 100 GW.
Plus on avance, plus les prix chutent.
La chute fut énorme quand la puissance de la Chine est passée de 0 à 50 GW.
Et on peut s'attendre à une chute encore plus grande.
Mais quand la puissance de la Chine atteint les 200 GW…
la chute des coûts se stabilise. Dans ce segment : de 0 à 100 GW…
la chute était bien plus nette.
Je ne suis pas le seul à le constater.
De nombreuses entreprises en sont conscientes. C'est un aperçu utile.
De cette façon, nous pouvons réaliser cette étape rapidement.
Ces produits sont prêts à l'emploi pour les consommateurs.
Jusqu'à présent, beaucoup de consommateurs ont installé nos panneaux.
La Chine veut atteindre cette situation aussi vite que possible.
L'État veut que les coûts chutent rapidement…
pour un usage des panneaux à grande échelle.
Le but de ces mesures est de faire chuter les coûts rapidement et à court terme.
C'est notre objectif.
Tout est une question de chiffres ?
Absolument.
Dans une société moderne, c'est toujours le cas :
une nouveauté entraîne d'abord des coûts élevés.
Mais plus tard, le rendement peut être important.
La question est donc : veut-on investir là-dedans ?
Dans le système chinois, on dit simplement :
Voilà comment nous procédons.
Et il n'y a pas beaucoup de débats.
Je sais comment c'est aux Pays-Bas :
Si l'on propose d'augmenter les prix de l'énergie et les impôts…
cela suscite des débats féroces. La Chine n'a pas besoin de ça.
Les Chinois visent-ils davantage le long terme ?
Les décideurs en Chine…
visent aussi le long terme, et pas seulement demain.
Nous nous distinguons ainsi des Occidentaux.
En Occident, le gouvernement n'est en place que quelques années.
La Chine ne change pas de gouvernement aussi souvent.
Le monde devrait remercier la Chine pour cette intensification.
Si elle était subventionnée, on devrait les en remercier.
Les Allemands aussi…
car ils ont dépensé des dizaines voire des centaines de milliards d'euros.
Cette subvention a justifié les décisions en Chine.
Nos produits d'énergie solaire sont plus compétitifs…
parce que notre industrie solaire emploie un million de personnes.
La Chine prend ses responsabilités.
Nous agissons réellement.
Nous marchions sur les traces des Américains.
Maintenant, nous nous en savons capables.
Vu l'intensification de la production et la chute rapide des prix…
de l'énergie éolienne et solaire, les gros investisseurs…
se tournent vers ce que l'on appelait auparavant l'énergie alternative.
Les investisseurs qui trouvaient curieux d'investir dans un parc éolien…
parce qu'ils y voyaient des risques élevés…
acceptent maintenant bien mieux cette idée.
L'investisseur allemand Jochen Wermuth est actif…
dans l'énergie durable depuis un bon moment.
Pour lui, les réductions actuelles des prix…
convaincront d'autres gros investisseurs…
d'investir dans l'énergie durable.
Et il songe à de très gros fonds d'investissement…
tels que les fonds des États pétroliers du Moyen-Orient.
Le but est de récolter de l'argent…
et de convaincre des fonds publics de lever des milliards.
Si vous avez 2.000 milliards de dollars de gaz naturel…
et 200 milliards en liquide…
et si vous en consacrez 1% à la "nouvelle révolution industrielle"…
avec l'énergie durable compétitive…
un meilleur usage des ressources, une électricité décentralisée…
on pourra s'adapter dans une dizaine d'années.
Tout ce qu'on voit ici, c'est une blague.
Le tourisme, l'aviation, tout disparaîtra s'il n'y a plus de pétrole…
car il est trop cher d'importer de la nourriture pour la refroidir ici.
S'ils s'adaptent, une révolution industrielle est possible.
Mais pour eux, le temps presse.
Si toutes les réserves sont épuisées dans cinq ans et s'il n'y a pas de solutions…
tout disparaîtra.
L'Arabie saoudite a 600 milliards de dollars de réserves…
un déficit de 60 milliards, donc dans 10 ans, ils sont fauchés.
S'ils ne s'adaptent pas, ils n'ont plus d'avenir.
Si un seul cheikh prend la bonne décision, ce sera déjà bon signe.
En 2003, j'étais ici avec le ministre allemand de l'Environnement Gabriel.
Il a dit : Passons au durable.
Ils l'ont pris pour un fou. 800 cents par KW, c'est de la folie.
Maintenant que c'est moins cher que le pétrole : Vous aviez peut-être raison.
Ça facilite les choses.
Il faut leur expliquer…
que l'énergie durable est si bon marché pour la production d'électricité…
que le rôle du pétrole, du gaz et du charbon s'arrête.
La vie est facile, maintenant.
Le pétrole jaillit, on conduit sa Ferrari…
et on n'a pas envie de bâtir de nouvelles choses.
J'estime la probabilité à 25%, et je suis optimiste.
Mes collègues diraient 1 sur 100, ou 1 sur 1000, mais je pense…
Ce sont des humains, ils se soucient de l'avenir.
Ils veulent que les gens aient une maison, et si vous leur parlez de…
Je suis allé au mariage d'un cheikh.
Ils s'embrassent sur le nez. Ils sont tous charmants.
Ils ne veulent pas détruire le monde. C'est ce que j'espère.
Fahad Al-Attiya du Qatar s'est intéressé à la durabilité…
et a conclu qu'ils devaient passer à 100% d'énergie verte…
pour dessaler l'eau nécessaire à leur nourriture.
Autrement, tout est un château de sable qui disparaîtra complètement.
Certains l'ont bien compris, mais pas encore les dirigeants.
Nous allons donc mener une campagne agressive.
Le monde a énormément changé.
J'investis dans l'énergie durable depuis 2000.
L'an dernier, l'énergie verte est devenue moins chère que l'énergie fossile.
Le monde dans lequel on vit changera donc radicalement.
En octobre dernier, une nouvelle bouleversante est tombée.
Il y a eu un appel d'offres pour l'électricité à Dubaï.
Il a été remporté par la centrale électrique DEWA…
avec 5,65 dollars par kilowattheure.
Le pétrole devrait être de 10 dollars le baril pour concurrencer l'énergie solaire.
Il y a 15 ans, il était 100 fois plus cher…
de créer de l'énergie solaire.
Il y a 15 ans, on avait besoin de subventions pour poser un panneau solaire.
Maintenant, en Allemagne, je me demande :
Dois-je payer 20 cents à l'État…
ou poser un panneau solaire pour 9 cents par kilowattheure…
et une batterie pour 5 cents par kilowattheure…
pour ne plus dépendre du gouvernement ?
Y a-t-il des alternatives, et qu'ont les États du Golfe à craindre à l'avenir ?
Devons-nous craindre l'effet de serre…
et devrions-nous envisager l'énergie alternative ou durable…
au lieu du gaz et du pétrole ?
Nous devrions vraiment mettre en place des industries de production.
Je conseille au Moyen-Orient…
de faire partie de la solution, d'investir dans des entreprises européennes…
qui détiennent la solution pour fournir des moyens de production…
bon marché et économiques.
Quels types de fonds gérez-vous ?
Nous avons 200 millions en actifs gérés et plus de 5 milliards en conseils.
Quel est le profit moyen ? – Pour l'instant, 30%.
Et la stratégie long/court terme ces 10 dernières années, environ 25% par an.
Et vous manquez sûrement de combustibles fossiles.
Exactement.
Nous avons gagné beaucoup d'argent et œuvré en faveur du monde.
Voyez cela comme un grand barrage.
Tant que le prix n'est pas compétitif, des subventions sont nécessaires.
Si cette situation s'arrête et que le marché libre passe à l'énergie solaire…
le barrage s'effondre.
Si nous nous séparons des formes d'énergie existantes…
des changements sociaux sont également possibles…
et auraient dû survenir bien plus tôt.
L'industrie de l'énergie est sans doute la plus macho…
socialement à la traîne et corrompue de toutes.
Je ne cherche pas la controverse.
On peut le lire dans la presse.
Cette réduction du prix de l'énergie renouvelable…
cause bien des redistributions dans le monde entier.
Les nouveaux grands investisseurs voient les panneaux et les éoliennes…
sous un autre jour.
J'ai souvent entendu dire…
qu'un investisseur X ou Y voulait en théorie investir dans l'énergie propre.
Mais c'était trop risqué.
Je me disais : La technologie n'est pas risquée…
et le vent n'est pas toujours aussi fort, il n'y a pas toujours autant de soleil…
mais on peut gérer ça avec des statistiques, la météo, des garanties…
et je ne comprenais toujours pas.
Car les mêmes investisseurs se réveillaient avec des actions BP…
du temps du drame du Macondo…
ou des actions de Tepco après le drame de Fukushima.
Et ils ne semblaient pas voir que ce qu'ils faisaient…
était bien plus risqué que l'énergie propre.
Le grand tournant a eu lieu quand Warren Buffet, aux États-Unis…
a investi dans les énergies éolienne et solaire.
Il n'a pas investi dans la technologie, il a juste acheté des projets.
Cela a ouvert les yeux de bien des investisseurs. Ils ont soudain compris…
que ce n'étaient pas quelques investisseurs écolos…
qui acceptaient des rendements inférieurs, car c'est bon pour la planète.
C'est Warren Buffet qui crée un énorme portfolio d'énergies éolienne et solaire.
Observons ce qu'il fait.
Maintenant que le point critique a été atteint…
la fortune des investisseurs comme les fonds de pension…
s'écoule vers l'énergie durable.
Et tout cet argent doit être orienté dans la bonne direction.
Les innovations majeures en énergie durable ne se trouvent plus…
qu'en exposition, mais en haut, à huis clos…
où les cerveaux de la finance et les investisseurs malins coopèrent…
pour réduire son prix encore davantage.
De grandes réserves d'argent sont accessibles. Les estimations varient…
mais de 130 à 150 billions de dollars sont accessibles…
dans la caisse des investisseurs institutionnels.
C'est la réserve d'argent mondiale…
tout l'argent que ces investisseurs ont à engager.
Et nous y avons accès. Il y a donc littéralement une offre accrue en capital.
Pas parce que nous le recherchons : il nous est réservé.
Ils se plaignent même de ne pas avoir suffisamment d'investissements possibles.
Ils veulent investir autant d'argent. C'est un problème positif.
Les marchés des capitaux, les investisseurs en actions…
et en obligations, les fonds de pension, les assureurs…
les fonds d'investissement, les fonds de capital-investissement…
c'est là que se trouve la fortune, et c'est extrêmement élaboré.
Ils n'adaptent pas leurs exigences parce que l'énergie solaire est sympa.
Elle doit répondre à leurs critères.
J'ai contribué au développement du marché des obligations vertes.
Il n'existe que depuis deux ans, mais il est déjà très populaire.
En 2013, SolarCity a proposé en premier une sécurisation solaire.
C'est très innovant. Tout s'est mis en place.
Des gens comme moi s'efforçaient de résoudre ces problèmes :
satisfaire aux besoins des investisseurs, combiner des actifs en obligations.
C'est comme concevoir un nouveau bâtiment :
C'est de l'innovation financière, et c'est positif.
L'association de l'intensification en Chine…
et des innovations financières à Wall Street…
entraîne des chutes de prix rapides en matière d'énergie durable.
Au Moyen-Orient, l'énergie solaire est si bon marché…
qu'on l'utilise pour extraire le pétrole.
À Oman, on produit de l'énergie solaire pour pomper du pétrole lourd…
ce qui se faisait avant à l'aide de gaz naturel.
Le prix des énergies éolienne et solaire n'est pas encore au plus bas.
On s'attend à ce que ces prochaines années, les prix chutent considérablement.
Mais même si les énergies éolienne et solaire sont données…
notre but n'est pas encore atteint.
N'oublions jamais qu'il faut parler du système.
Car si on a davantage d'énergie durable et intermittente dans le système…
on doit investir ailleurs dans le système, dans le réseau…
ou dans le stockage d'électricité, pour continuer à tout faire tourner.
C'est comme un changement dans l'écosystème :
Quand on fait ceci, on peut encore faire ça…
et ça change encore, et ainsi de suite.
Comme on dit sur Facebook : C'est compliqué.
Maintenant que l'énergie durable est toujours moins chère…
que l'énergie fossile, on s'attache davantage…
à éviter les fluctuations dans la distribution d'électricité.
À Utrecht, aux Pays-Bas, Robin Berg pense avoir trouvé une solution.
Il veut utiliser les batteries de voitures électriques locales…
pour stocker l'électricité solaire bon marché…
de tous les panneaux solaires locaux.
Et les utiliser dans des maisons locales qui ne sont pas exposées au soleil.
Ces panneaux ont environ cinq ans.
Pourquoi les avoir remplacés ? – Pour plus d'énergie.
J'en ai donc placé de nouveaux sur mon toit l'an dernier.
Nous avons maintenant six fois plus de rendement.
Nous produisons trop d'électricité pour notre consommation.
J'ai donc eu l'idée d'utiliser des voitures électriques.
Notre but est d'utiliser nos panneaux solaires et nos voitures électriques…
pour notre propre énergie.
Si le soleil brille, nous stockons l'énergie dans des batteries.
Les conducteurs nous indiquent la quantité à utiliser.
Nous ne touchons pas à cette partie.
Et le reste de la batterie sert à rendre de l'électricité au quartier.
La capacité de la batterie a augmenté.
L'autonomie des voitures est maintenant de 100 à 200, voire 300 km.
Certaines ont une autonomie de 400 à 500 km.
Elles ont assez de capacité pour approvisionner…
un ménage pendant deux semaines.
Et les gens ne l'utilisent plus seulement pour conduire.
Il leur reste donc au moins la moitié de la capacité à utiliser à d'autres fins.
Il est logique de combiner cela.
Je génère de l'énergie en journée et la stocke dans ma voiture.
Je conduis, puis il me reste de l'énergie.
Je l'utilise donc pour approvisionner ma maison la nuit.
Ainsi que celle de mon voisin et celle de son voisin.
La compagnie du réseau a placé 20 bornes de chargement dans le quartier.
Ces bornes peuvent à la fois charger et décharger.
Elles utilisent l'énergie solaire produite par le quartier.
Les utilisateurs ont une appli qui indique si leur énergie peut être exploitée.
Selon l'électricité qui reste dans les batteries…
le système décide d'extraire de l'énergie ou de charger les batteries.
Notre but est d'utiliser à fond l'énergie stockée dans les batteries de voitures.
Notre quartier a besoin de 200 voitures électriques pour faire tourner le système.
Il y a 2.000 parkings, donc c'est bien assez.
Nous voulons d'abord tester le système sur 20 bornes de chargement…
puis étendre cela à 200.
Le quartier peut ainsi avoir son propre système de production d'énergie.
Ce sera la base de notre système énergétique national…
au lieu des centrales au charbon. Elle sera autogénérée, autostockée.
Ce nouveau système d'énergie à Utrecht est une première en Europe.
Le projet est toujours dans sa phase de démarrage…
mais ce qui doit commencer avec 20 bornes de chargement pour voitures…
deviendra rapidement un système de stockage de 200 voitures électriques.
Et à mesure que le système s'étendra, il fonctionnera encore mieux.
Ensemble, on peut s'entraider et clôturer le système.
Ce microsystème fonctionne bien…
mais faute de voitures ou de soleil pendant quelques jours…
on a besoin du reste du réseau.
Le Jaarbeurs, dans le quartier…
projette de placer 12.000 m² de panneaux solaires sur leurs nouveaux bâtiments.
Et ils installent un parking pour 6.000 voitures…
avec 3.000 bornes de chargement.
Si je n'ai pas d'électricité, je peux en trouver là-bas.
On a alors un système d'énergie au niveau urbain…
dont les quartiers s'entraideraient, parachevant ainsi le système.
Maintenant que le prix des panneaux solaires et des éoliennes…
n'est plus un frein, on s'attache davantage à trouver des solutions…
pour gérer les fluctuations dans la production d'électricité.
Mais ici, à El Hierro, la plus petite des îles Canaries…
ils ont déjà résolu le problème.
Pour Jochen Wermuth, investisseur en projets d'énergie durable…
cette petite île est l'endroit idéal pour vivre dans un monde…
qui tournera totalement grâce à l'énergie durable.
Ils ont accompli un miracle, ici.
C'est peut-être la seule communauté qui ne tourne qu'à l'énergie durable.
Ils ont pu stocker 113 GW d'énergie.
Une petite île et des dirigeants qui ont une vision.
Et ils assument. Pas juste l'électricité durable. Tout :
zéro déchet, agriculture biologique. C'est merveilleux.
Comment allez-vous ? Bien ?
La vue est magnifique, ici.
L'île a trouvé un moyen intelligent de stocker le surplus énergétique :
ils utilisent un lac au sommet de la montagne et un réservoir au pied.
Quand le vent manque, ils déversent le lac dans le réservoir…
et produisent ainsi de l'électricité.
C'est très important pour l'île. Pas seulement pour l'électricité…
mais aussi pour l'eau.
Grâce à ce système, on peut tenir quatre jours sans vent.
Le projet Gorona del Viento est né de l'idée…
d'approvisionner toute l'île rien qu'en électricité durable.
L'île est très reculée et très petite.
Les combustibles fossiles sont chers, mais aussi polluants.
Ce combustible nous a permis de nous développer.
Mais s'il y a maintenant une meilleure solution…
nous ne devons pas rester dans le passé.
Désolée pour le retard. – Pas de souci. Enchanté.
Le projet El Hierro a toujours été perçu comme une utopie.
Une île si petite, avec si peu de capital…
ne pourrait jamais trouver d'investisseurs…
acceptant le caractère public du projet…
qui était pour nous essentiel.
Nous voulons non seulement être capables d'adapter notre modèle…
mais aussi d'engendrer une source de revenus pour les habitants d'El Hierro.
Malheureusement, on voit de plus en plus de Don Quichotte…
dans le monde aujourd'hui.
Mais de plus en plus de Sancho Panza aussi.
Est-ce un Sancho Panza ? – Oui, parfaitement.
Mais sans le gros ventre.
Sans le gros ventre.
Quand Christophe Colomb était ici, c'était le bout du monde…
mais aussi un nouveau départ, vers un nouveau monde.
Un bon slogan pour El Hierro pourrait être :
En route pour le Nouveau Monde. – Tout à fait.
En route pour le Nouveau Monde.
Ce n'est que positif. Le passage à l'énergie propre n'a pas de désavantages.
Un parc éolien ou un projet solaire…
est bien plus long que la durée de l'investissement.
Ils peuvent durer 40, 60 voire 100 ans, pour ce qui est des projets solaires.
Cela stabilise votre économie :
on connaît le coût de son énergie pendant tout ce temps.
On ne subit pas de grandes fluctuations des prix du gaz et du charbon.
C'est un facteur stabilisant pour les pays produisant beaucoup d'énergie durable.
Plus on produit d'énergie durable soi-même…
plus les revenus resteront sur l'île.
Car si nous ne devons pas payer le gaz ou le pétrole…
à d'autres fournisseurs, l'argent reste sur l'île.
À chaque étape, nous avons étudié l'expérience des autres.
Ce qui avait déjà été réalisé avec l'énergie éolienne…
et en matière de réduction de déchets ou d'agriculture biologique.
Nous nous sommes donc inspirés d'eux…
et avons adapté cela à nos conditions.
Maintenant, vous pouvez inspirer les autres.
Pourvu que le monde devienne aussi durable que ça.
Un peu plus de voitures électriques, et vous serez autonomes.
Je remarque que les forces qui mènent…
à la déstabilisation politique et à la violence…
s'atténuent à mesure qu'on produit de l'énergie plus durable.
Elles ne disparaissent pas, mais s'atténuent.
Une économie plus stable, plus de paix. Je crois que c'est une possibilité.
Si l'on peut produire de l'énergie propre, on peut économiser de l'argent…
et créer des emplois pour ses proches :
Autant d'avantages visibles et tangibles.
C'est la stratégie à adopter.
Il y a un point critique. On le voit avec les panneaux solaires :
S'ils se trouvent sur de nombreux toits…
un politicien ne peut pas juste dire : C'est une bêtise altermondialiste…
les gens ne veulent pas de ça et ça ne marchera jamais.
De plus en plus de gens en disposent et économisent ainsi de l'argent.
Ils attendent du soutien de la part des politiciens.
Nous sommes ravis quand la mer est un peu agitée.
Avant, nous espérions toujours une mer calme pour pêcher.
Mais maintenant, chaque climat a son avantage.
C'est humiliant. Et c'est ridicule :
Dans ce lieu, en 1982, les gens n'avaient pas d'électricité.
Ils conduisaient des voitures bon marché…
ils distribuaient de la nourriture gratuite.
Sans prétention.
Mais ils sont largement en avance sur nous.
Ils sont motivés, car ils savent que c'est nécessaire pour l'avenir de leur île.
S'ils peuvent le faire, nous aussi.
Je reporte ma retraite.
De deux ans, en tout cas. Juste parce que je m'amuse trop.